La collapso, qu’es aquò ?

On doit le terme collapsologie à Pablo Servigne, agronome spécialisé en transition environnementale. Il est la contraction du mot anglais « collapse » pour s’effondrer et du mot grec « logos » pour discours.

La collapsologie désigne un champ de recherche transdisciplinaire englobant l’écologie, l’économie, l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, la biophysique, la biogéographie, l’agriculture, la démographie, la politique, la géopolitique, la bioarchéologie, l'histoire, la futurologie, la santé, le droit et l’art.

La collapsologie part du constat que l’activité humaine altère durablement son environnement. Elle accélère notamment les changements climatiques. En compilant les analyses, les collapsologues sont arrivés à la conclusion que l'ère industrielle arrive à ses limites de fonctionnement, ce que souligne une conjonction actuelle de crises environnementale, énergétique, économique, géopolitique et démocratique.

Ils indiquent ensuite les risques de la rupture écologique, à savoir ce moment où les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne pourront plus être fournis, à un coût accessible, à une majorité de la population.

Ils proposent enfin des pistes concrètes pour l’éviter ou vivre cette crise à venir du mieux possible : alimentation durable, sobriété énergétique, solidarités locales…

Pour accompagner ce sujet, voici une petite vidéo de 35 secondes qui présente l’évolution des températures sur la planète entre 1900 et 2016.

Et pour celles et ceux qui souhaitent creuser, voici quelques ressources supplémentaires :

→ Les livres de Pablo Servigne, et notamment : « Une autre fin du monde est possible. Vivre l’effondrement, et pas seulement y survivre », co-écrit avec Raphaël Stevens & Gauthier Chapelle.

Dans cet ouvrage les auteurs partent du constat que “des effondrements sont déjà en cours tandis que d’autres s’amorcent, faisant grandir la possibilité d’un emballement global qui signifierait la fin du monde tel que nous le connaissons.”

Le choix de la génération actuelle est dès lors “cornélien” selon eux :

“Soit nous attendons de subir de plein fouet la violence des cataclysmes à venir, soit, pour en éviter certains, nous prenons un virage si serré qu’il déclencherait notre propre fin-du-monde-industriel. L’horizon se trouve désormais au-delà : imaginer la suite, tout en se préparant à vivre des années de désorganisation et d’incertitude. En toute honnêteté, qui est prêt à cela ? Est-il possible de se remettre d’un déluge de mauvaises nouvelles ? Peut-on simplement se contenter de vouloir survivre ? Comment se projeter au-delà, voir plus grand, et trouver des manières de vivre ces effondrements ?. (…) Par-delà optimisme et pessimisme, ce sentier non-balisé part de la collapsologie et mène à ce que l’on pourrait appeler la collapsosophie…”

Plus de ressources :

→ Une vidéo de Pablo Servigne qui explique la collapsologie.

→ Le magasine Yggdrasil, qui traite des sujets d’effondrement et de renouveau.

The Limits of Growth, le rapport Meadows de 1972, l'ancêtre de la collapsologie, réalisé par des chercheurs du MIT, et commandé par le Club de Rome, accessible gratuitement en ligne.

→ Le reportage “L”homme a mangé la terre” sur Arte, un décryptage minutieux de la course au développement qui a marqué le point de départ de l’ère de l'anthropocène (ou l'ère de l'Homme) et de la détérioration continue de la planète.

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